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 Les Della Robbia

Sculptures en terre cuite émaillée de la Renaissance italienne

11 décembre 2002 au 10 mars 2003

Deux anges porte-candélabres
Terre cuite partiellement émaillée
attribué à Giovanni della Robbia,
H. 0,50 ; L. 0,355 ; Prof. 0,16
H. 0,51 ; L. 0,36 ; Prof. 0,23
Paris, musée du Louvre
© RMN

 

Exposition conçue par le département des Sculptures du musée du Louvre et organisée par la Réunion des musées nationaux en collaboration avec le musée national de Céramique, Sèvres.

 La Florence des Médicis abrita une dynastie de sculpteurs, les Della Robbia, qui doit son renom à la terre cuite émaillée, un procédé qu'elle mit au point et dont elle garda longtemps le monopole. De nombreuses églises et monuments de Toscane ou d'Ombrie en conservent de très beaux exemples. Au début du XIXé siècle, les collectionneurs furent séduits par les sculptures « robbiesques » : éclat des coloris, douceur du modelé, madones, anges ou saints, empreints de la spiritualité très humanisée des Franciscains. En 1862, l'acquisition, à Rome, par Napoléon III, d'une partie de la collection du marquis Campana fit entrer un grand nombre de ces pièces au Louvre avant qu'elles ne soient partiellement dispersées dans un certain nombre de musées français. Parmi les plus belles et les plus significatives, cinquante sont réunies dans l'exposition : de la statuette à la sculpture monumentale en passant par l'élément architectural, l'objet liturgique ou le retable.

 Dans la seconde moitié du XVe siècle, Florence, ville de première importance tant sur le plan artistique qu'économique, tire ses richesses du tissage et du commerce de la laine et de la soie. Tout comme les Médicis, Luca della Robbia (1399/1400 P-1482) est issu de la prépondérante corporation des drapiers.

Mais rompant avec la tradition familiale, il se consacre à la sculpture. Dès lors, au service d'une riche clientèle, il participe à l'embellissement des palais et des églises de la cité et de son territoire.

 Reconnu par ses contemporains comme un des sculpteurs majeurs de son temps, Luca della Robbia est l'auteur des célèbres reliefs en marbre de la cantoria (tribune des chanteurs) au duomo de Florence (1431- 1438). Au faîte de son talent, il met au point un procédé — la sculpture en terre cuite émaillée — qui permet d'obtenir, à moindre coût, des œuvres favorablement reçues par le public et qui répondent aux attentes d'une large clientèle. Il est rapidement à la tête d'un atelier florissant. Son neveu et principal collaborateur, Andréa della Robbia (1435-1525), affirme un style plus éclectique, en particulier dans de grands retables à la composition dense. Il est l'auteur des très célèbres médaillons représentant des poupons en maillot, qui ornent le portique de l'Hôpital des Innocents à Florence.

 Parmi les fils d'Andréa della Robbia, le plus connu, Giovanni (1469-1529), s'inspire assez directement, pour ses retables, des compositions de la peinture florentine de son temps mais en utilisant une gamme chromatique très contrastée. On lui doit aussi le décor du cloître de la Chartreuse de Galluzzo, proche de Florence, qui prouve son excellente connaissance des formes de l'antiquité classique. Très diverses, les compositions de son frère Luca (1475-1548 ?) dit «le Jeune», récemment remises en valeur, sont aussi plus claires et plus simples.

 Mais le « secret » de la terre-cuite émaillée, divulgué, selon la légende, par l'une des femmes du clan à Benedetto Buglioni permet la création puis l'essor d'une officine rivale, qui finit par évincer la bottega d'« atelier-boutique») des Della Robbia. En 1527, la famille, durement frappée par la peste, se disperse. Luca «le Jeune» rejoint en France son cadet Giorlamo (1488-1566), passé dès 1517 au service de François 1er.

 La technique des Délia Robbia a pu être analysée grâce aux études très fouillées du Laboratoire des musées de France. Elle consiste à recouvrir une terre modelée, soumise à une première cuisson, d'une poudre d'émail, vitrifiée par une seconde cuisson. Le blanc opaque (à base de plomb) est manifestement utilisé d'abord par Luca della Robbia pour rivaliser avec la blancheur du marbre blanc poli. Il s'accorde tout particulièrement bien avec le bleu (à base de cobalt). Le paysage est parfois évoqué par quelques éléments végétaux émaillés en vert. On note aussi l'emploi du jaune (à base de cadmium) d'intensité variable et du violet (à base de manganèse) qui peut dans les parties décoratives imiter le porphyre. C'est à froid que l'on pose après cuisson le rouge ou les rehauts d'or, très fragiles et souvent disparus. Parfois, on laisse à la terre cuite son rosé ocré et mat pour rendre les carnations, en contraste avec le brillant des drapés. Cependant, ce n'est pas tant la recherche du réalisme qui semble avoir animé l'œuvre des Della Robbia que la mise en valeur, parfois à l'aide d'effets assez chatoyants, de la qualité proprement plastique des figures. L' œuvre acquiert ainsi un aspect lisse et brillant et peut être, selon le choix de l'artiste et du client, monochrome (blanc), bichrome (blanc et bleu ou blanc et jaune) ou franchement polychrome.

 

Musée national de Céramique
Place de la Manufacture  
92310 Sèvres
Tél.: 01 41 14 04 20
Fax.: 01 45 34 67 88